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Peugeot Type 156, première voiture fabriquée à Sochaux

Il y a 100 ans naissait la PEUGEOT Type 156, première voiture fabriquée à Sochaux… connaissez-vous son histoire ?

Elle est indissociable de la création du « Grand Sochaux »
La première guerre mondiale laisse une Europe marquée, exsangue et ravagée… Le spectre de la guerre est toujours bien présent, la possibilité de reprise des hostilités dans tous les esprits. Ainsi, les commandes de guerres perdurent. Difficile dans ces conditions de réaffecter l’outil industriel à sa vocation première. Si l’état est bon client, il est loin d’être bon payeur. Il faut pourtant redémarrer…
Dès 1917, Robert Peugeot donne sa vision de l’entreprise pour l’après-guerre. La réorganisation des usines transforme l’usine de Lille en une fabrique de pièces détachées, et révèle la prédominance des usines du Doubs (en Franche-Comté) et la spécialisation des ateliers parisiens. Dans ce cadre, se profile la construction du “Grand Sochaux”. Ainsi donc, la petite usine sochalienne devient un site moderne avec une usine de carrosserie construite entre la forge et la fonderie, qui s’oriente déjà vers la production en grande série. En attendant la future 201, c’est le Type 156 qui est la première voiture Peugeot assemblée par les ouvriers de l’usine de Sochaux où étaient produits jusque-là les camions de la Marque.
Le premier exemplaire sort de production le 27 février 1921.

Le Type 156 est un modèle très important pour les collections du musée de L’Aventure Peugeot, car, à lui seul, c’est un concentré d’histoire et un creuset de technologie.
C’est par exemple sur la base d’un Type 156 que sera monté un prototype de moteur à Huile Lourde, plus connu, quelques années plus tard sous le nom de moteur Diesel, lorsqu’il aura été perfectionné par Rudolf Diesel. Ce prototype participera même à une course entre Paris et Bordeaux : un démonstrateur technologique avant l’heure.

La PEUGEOT Type 156 fut produite de 1921 à 1923 en 180 exemplaires.
Caractéristiques techniques : moteur 6 cylindres de 5954 cm3, puissance 25 ch, boîte de vitesses à 4 rapports. Vitesse maximale : 90 km/h.

Le modèle exposé au Musée est équipé d’une motorisation essence, MZ, sans soupapes, de près de 6 litres qui est un des meilleurs exemples du savoir-faire de Peugeot. Par ailleurs, il aurait été conduit par Alexandre Millerand, président du Conseil, puis président de la République entre 1920 et 1924.

Aller plus loin sur la naissance du “Grand Sochaux”
“La première guerre mondiale laisse une Europe marquée, exsangue et ravagée…
Le passage de l’économie de guerre à l’économie de paix, dans les faits, n’est pas aisé. Le spectre de la guerre est toujours bien présent, la possibilité de reprise des hostilités dans tous les esprits. Ainsi, les commandes de guerres perdurent. Difficile dans ces conditions de réaffecter l’outil industriel à sa vocation première. Si l’état est bon client, il est loin d’être bon payeur. De plus, les dédommagements dus suite aux destructions liées au conflit ne viennent pas. Il faut pourtant redémarrer malgré le manque d’argent, qui, avec les investissements nécessaires à la reprise des activités, mettent à mal la santé financière de l’entreprise. Dès 1917, Robert Peugeot donne sa vision de l’entreprise pour l’après-guerre. La dure réalité de la situation ralentira considérablement son programme de restructuration. Néanmoins, depuis fin 1918, Peugeot achète des terrains et des bâtiments en vue de recréer le pôle industriel parisien. Il faut également reconstruire l’usine de Lille et financer la fabrication de la quadrilette.
Tant bien que mal, l’activité redémarre, à l’image de l’économie française. La réorganisation des usines transforme l’usine de Lille en une fabrique de pièces détachées, et révèle la prédominance des usines du Doubs et la spécialisation des ateliers parisiens. Dans ce cadre, se profile la construction du “Grand Sochaux”…
Ainsi donc, la petite usine de Sochaux devient un site moderne avec une usine de carrosserie construite entre la forge et la fonderie, qui s’oriente déjà vers la production en grande série. En région parisienne, les ateliers d’Issy les Moulineaux travaillent sur la fabrication des modèles ciblés, aux moteurs spécifiques comme les sans-soupapes. Si la plupart des voitures sont livrés carrossés, certains de ces châssis haut de gammes sont livrés nus aux plus célèbres carrossiers de l’époque qui les métamorphosent en véritables œuvres d’art.
En attendant la future 201, la production de voitures sochaliennes débute avec l’assemblage du type 156 et son moteur 6 cylindres sans soupape, puis la 172 et ses nombreuses déclinaisons. Enfin les types 177, 183 et 190. Ces véhicules préparent l’avenir. L’élan est donné, bien préparé, c’est d’un pas assuré que Peugeot s’avance dans la production de grande série.”

Texte extrait du Livre « Le Musée de L’Aventure Peugeot » par Hervé Charpentier (édition les Patrimoines)

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