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La SM des 24 Heures de Spa Francorchamps 1974

La SM, vu son poids (1.450 kilos avec le plein d’essence) et sa longueur (4,893 mètres), est plus une grande routière qu’une voiture de sport. Malgré tout, elle a réalisé une carrière sportive significative. Tout le monde se souvient du fameux « 1ère sortie… 1ère victoire » au Rallye du Maroc en mai 1971, soit seulement quelques mois après le début de la production en octobre 1970.
La SM était plus adaptée aux raids et épreuves d’endurance, qu’aux sprints des circuits. Elle n’a jamais toutefois participé à l’épreuve reine de l’endurance : les 24 Heures du Mans. Une SM a été engagée par Guy Verrier avec l’aide de YACCO en 1972 (sous le N°55). Elle n’a pas réussi à se qualifier à la deuxième séance d’essais de juin.
En revanche, la SM a participé trois fois à une autre grande épreuve d’endurance, les 24 Heures de Spa Francorchamps, organisées par le Royal Automobile Club Belge (RACB) :
• Une première fois en 1971, avec une voiture engagée par le Racing Team Lucien Bianchi et les pilotes Bagrit et Dameseaux. Cette SM, engagée en Groupe 2, après avoir frôlé l’élimination pour arrêt prolongé aux stands, a dû abandonner après 7 heures de course (moteur détérioré).
• Une deuxième fois en 1973, avec une voiture engagée par Dameseaux et les pilotes De Jamblin et Bagrit.
• Enfin, en 1974, une SM est engagée par Guy Ligier avec Guy Chasseuil et François Migault comme pilotes.
Les organisateurs des 24 Heures de Spa Francorchamps en1974, pour contrer la course à l’armement en Groupe 4, et l’escalade des coûts qu’elle induit, avaient décidé de sortir du championnat du monde (comme les 24 Heures du Mans d’ailleurs) et d’ouvrir leur compétition aux voitures du Groupe 1 « améliorées ». Le succès fut au rendez-vous avec un plateau très fourni, comprenant des voitures de tourisme, proches de la série (saloon cars). Le public ne s’y trompe pas et vient en nombre assister à cette épreuve. La SM engagée par Ligier conformément aux accords passés avec Citroën, ne démérita pas. Il s’agissait d’une véritable « Groupe 1 », seulement équipée de pneus Michelin Racing TB5.
Son engagement tardif n’avait pas permis une préparation plus élaborée. Mais Citroën a démontré qu’une SM de série pouvait se mesurer à des machines plus adaptées à la compétition. Son meilleur temps aux essais (4’40’’8) permettait tous les espoirs et la plaçait en 4ème ligne de départ (qualification à la 10e place). Le début de course fut aussi prometteur puisque Chasseuil et Migault naviguaient entre la 4ème et la 7ème place. Un changement de plaquettes de freins, raté, lui fit perdre sa position, mais les deux pilotes repartirent à l’attaque. A l’aube, elle avait retrouvé une 5ème place.
Malheureusement, l’éclatement du pneu avant droit entraîna une sortie de route légère mais suffisante pour endommager le train avant. La voiture dut abandonner à la 15e heure de course, mais l’aventure fut suffisamment probante pour encourager Guy Ligier à continuer l’expérience. La décision d’arrêter la production de la SM et le désengagement de Citroën qui en suivi, allait en décider autrement.

Après sa participation aux 24 Heures de Spa en 1974, cette SM a servi pour des essais de pneumatiques sur les pistes d’essais de Michelin à Ladoux. Puis, le modèle étant remplacé par la CX, elle a été déclassée. J’ai alors pu la récupérer sans mécanique et en grande partie démontée. Le garage de Frédéric Daunat, à Crespières, s’est chargé de la remonter et de remettre un moteur préparé par ses soins. Il m’arrive de l’exposer lors de certains événements, comme on peut le voir sur ces photos, prises au Château de Maintenon.”

Collection J.F.R. Paris

Fiche technique
Moteur : 6 cylindres en V à 90° / Cylindrée : 2670 cm³
Puissance fiscale : 15 CV / Puissance réelle : 170 ch à 5500 tr/mn
Suspension hydropneumatique à hauteur constante
Dimensions : Longueur : 4,89m / Largeur : 1,84m / Hauteur : 1,32m
Production : 12 920 en coupé, de 1970 à 1975